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Distribution de buffles - Publié le 12/09/2006
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Quelques buffles ont fait 12 heures de route pour rejoindre Hadjira dans le Cachemire - Mots-clefs : medair, buffle, Pakistan
Je suis heureux ! Aujourd’hui Medair m’a donné un buffle ! Je leur souhaite une longue vie !!!!
Après le tremblement de terre, Medair est venu chez moi pour me demander ce dont j’avais besoin. J’étais tellement heureux de recevoir de l’aide !
Par Medair
Pakistan-- Quelques buffles à la peau noire luisante et aux yeux bleus attendent. Venues d’Islamabad, ils ont fait 12 heures de route dans des camions fleuris et colorés pour rejoindre Hadjira dans le Cachemire. Sur une place de la petite ville, juste à côté de la rivière, Medair et l’ONG pakistanaise PSD (Partners in Sustainable Development) s’apprêtent pour la dixième fois à distribuer vingt-huit buffles.
« En arrivant en novembre, on a analysé les besoins de la population. C’est une région très pauvre et essentiellement rurale. Beaucoup de paysans ont perdu leurs bêtes dans le séisme d’octobre 2005. On a donc décidé de fournir des buffles aux plus nécessiteux, ceux dont le revenu est inférieur à 3'500 roupies par mois (environ 70.- FS). Notre objectif est l’attribution de 253 buffles et on en a déjà fourni 180. » explique Matthew, le manager du projet à Hadjira. Neuf mois après le tremblement de terre, Medair est passée de la phase d’aide d’urgence à celle de reconstruction. Elle est la seule ONG a œuvré ici dans les montagnes du district de Poonch.
La saison des pluies a commencé, pourtant aujourd’hui le ciel est bleu sans un nuage. A quelques mètres, dans la rivière, trois hommes se baignent et en profitent pour laver leur chemise. La brise amène une odeur de cannabis ; le chanvre pousse ici comme de la mauvaise herbe, au bord des chemins et dans l’indifférence totale des cachemiri. Sur la place, entre les buffles et le personnel de Medair, les bénéficiaires attendent patiemment leur tour pendant que les chauffeurs déchargent les dernières bêtes à corne de leur camion.
Dans des effluves acres de fumier, la distribution peut commencer. Matthew vérifie la pièce d’identité du bénéficiaire. Devant le nouveau propriétaire, on inspecte le ruminant et on tire sur les pis du buffle et le lait gicle sur le sol, c’est bon « Après le tremblement de terre, Medair est venu chez moi pour me demander ce dont j’avais besoin. J’étais tellement heureux de recevoir de l’aide ! Un buffle, c’est une source de revenu importante pour moi !» raconte Mohd Saddiq, 45 ans tenant fièrement son animal. Medair ne s’en tient pas à la seule distribution des buffles, un vétérinaire de PSD visitera ensuite -à trois reprises- chaque bénéficiaire pour le conseiller. « On ne peut pas donner et partir, explique Matthew, c’est important d’avoir un suivi des populations et leur bêtes. On aime bien connaître les gens et s’impliquer dans la communauté, C’est essentiel pour la réussite d’un projet ! ».
Au milieu du capharnaüm des curieux, des enfants, des femmes aux habits de toutes les couleurs, des hommes en chemise traditionnelle et des buffles, la distribution se poursuit à son rythme. C’est le tour de Nasum Akhtar, une veuve avec quatre enfants. « Mon mari a été tué il y a trois ans par deux « amis » pour une histoire d’argent. C’est dur d’être une femme seule dans notre société parce que je ne suis pas allée à l’école et je ne peux pas travailler. Dit-elle. Lors du tremblement de terre, j’étais dehors, la maison s’est écroulée, mon buffle est mort. J’ai tout perdu en quelques secondes. Mais maintenant ma vie va s’améliorer avec cette nouvelle bête. Je vais pouvoir donner du lait à mes enfants, faire du yaourt et vendre le surplus au marché. »
Un homme âgé s’avance vers Matthew. « Je n’ai pas besoin de mon buffle, donnez-le à quelqu’un qui en a vraiment l’utilité ! » explique-t’il en ourdou. L’Anglais blond à la barbe de quelques mois a appris la langue locale et pour cela il est bien apprécié de la population.
Petit à petit les buffles ont trouvé leur propriétaire. Certaines attendent encore attachées à un arbre qu’un camion les emporte dans leur nouveau pâturage à la montagne. Hussan, 80 ans à la longue barbe blanche et à l’œil bleu pétillant ne s’arrête plus rire. « Je suis heureux ! Aujourd’hui Medair m’a donné un buffle ! Je leur souhaite une longue vie !!!! ». Il s’éloigne en tirant au bout d'une cordelette jaune fluo son nouveau buffle et l’espoir d’une vie meilleure.
Créée en 1988, Medair est une association non gouvernementale (ONG) indépendante de tout pouvoir politique, économique, social ou religieux. Sa mission est humanitaire et s'accomplit dans un esprit de dévouement et de solidarité, inspiré par ses valeurs chrétiennes. Medair a pour but de répondre à la souffrance des victimes de situations de guerre ou de catastrophe, en particulier celles qui sont oubliées, par divers types de projets d'aide d'urgence et de réhabilitation.
Sur le terrain, 120 expatriés et plus de 1600 employés locaux secourent les populations éprouvées. Ils sont soutenus par 50 personnes basées au siège international en Suisse et dans les bureaux nationaux en France, en Allemagne, en Angleterre et en Hollande.
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Publié le 12/09/2006 16:04 par Odile Meylan - Contacter l'auteur - Signaler un problème