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Thaïlande 22.09.2006 - Publié le 22/09/2006

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L’armée met les médias en coupe réglée - Mots-clefs : Thailande, Reporters sans frontières, coup d'état, Asie


22.09.2006

L’armée met les médias en coupe réglée

Deux jours après le coup d’Etat, l’armée donne le ton à la politique et aux médias thaïlandais.

“Les propos tenus par le ministre de l’Information et la présence de militaires dans les stations de TV sont inacceptables. Reporters sans frontières se joint à l’appel de l’Association thaïe des journalistes de radiotélévision et de l’Association des reporters thaïs pour réclamer la restauration de la liberté de la presse. Des élections démocratiques ne pourront avoir lieu qu’après un débat libre relayé par les médias”, a déclaré Reporters sans frontières.

Le Ministre de l’Information a rassemblé le 21 septembre les responsables des médias pour les sommer d’être “coopératifs dans le renforcement de l’ordre” et de “limiter, contrôler, arrêter ou détruire les informations pouvant porter atteinte à la monarchie constitutionnelle”. Le message est clair, mais l’armée doute encore du pouvoir qu’elle a récemment acquis. C’est pourquoi elle a annoncé à la télévision qu’ “en vue de maintenir la loi et l’ordre, les réunions de partis politiques et l’organisation d’autres activités politiques sont interdites”. Toujours par manque de confiance en elle, l’armée a jugé bon de poster des soldats devant les chaînes de télévision alors que des officiers passent au crible toutes les dépêches traitant du coup d’Etat.

20.09.2006

Reporters sans frontières préoccupée par des déclarations des militaires

Après avoir pris le contrôle pendant quelques heures des chaînes de télévision du pays, l’armée - qui a déposé le Premier ministre Thaksin Shinawatra - a laissé la presse thaïe paraître normalement, le 20 septembre 2006. En revanche, un porte-parole des militaires a ordonné au ministère de l’Information et de la Technologie de la Communication de censurer les informations hostiles aux nouvelles autorités.

"Il serait déplorable que ce coup d’Etat sans effusion de sang se transforme en retour de la censure. La junte militaire doit garantir au plus vite les libertés fondamentales, et notamment une entière liberté de la presse. La confiscation des libertés ne peut être en aucun cas une réponse aux échecs du gouvernement précédent. Les médias thaïs malmenés au cours des dernières années doivent pouvoir travailler en toute indépendance », a affirmé Reporters sans frontières.

Le 20 septembre dans la matinée, un porte-parole du gouvernement autoproclamé (ARC) a ordonné au ministère de l’Information et de la Technologie de la Communication de « contrôler et de censurer toute information qui pourrait affecter le travail de l’ARC ». Auparavant, dans son dixième communiqué, la junte avait demandé aux médias leur coopération pour « présenter des informations exactes au public ».

Le chef de l’armée, le général Sonthi Boonyaratglin, est également intervenu à la télévision pour dénoncer la corruption et le népotisme du gouvernement précédent, et promettre le retour rapide de la démocratie.

Dans la soirée du 19 septembre, des militaires avaient pris le contrôle des bâtiments du gouvernement et des chaînes de télévision thaïes. Les programmes avaient été interrompus pendant quelques heures. Des images de la famille royale et des chansons patriotiques étaient diffusées dans la soirée. La chaîne indépendante Nation TV a pu diffuser librement toute la soirée.

Aucun incident n’a été signalé entre des militaires et des journalistes. Les principaux journaux en thaï et en anglais ont pu paraître normalement. En revanche, la diffusion sur le câble des chaînes de télévision internationales, notamment CNN et la BBC World, a été suspendue jusque dans la matinée du 20 septembre. Selon des médias thaïs, les forces de sécurité auraient saisi des équipements de transmission. Les militaires semblaient craindre que le Premier ministre déchu, actuellement à New York, ne lance un appel à ses partisans.

Les militaires n’avaient pas été au pouvoir depuis 1992. En revanche, l’armée contrôle au moins deux chaînes de télévision et plus de 120 stations de radio sur les 500 dans le pays.




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Publié le 22/09/2006 09:59 par Reporters sans frontières - Contacter l'auteur - Signaler un problème

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