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Roumanie, Bulgarie : bienvenue ! - Publié le 11/01/2007

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Ce 1er janvier, deux nouveaux pays ont rejoint l’Union Européenne : la Roumanie et la Bulgarie. - Mots-clefs : Roumanie Bulgarie Union Européenne


Ce 1er janvier, deux nouveaux pays ont rejoint l’Union Européenne : la Roumanie et la Bulgarie. Dans le contexte de crise institutionnelle de l’Union suite aux referendums négatifs aux Pays Bas et en France, avec l’ambiance de fatigue devant les élargissements successifs de l’Union, cet événement risque fort de passer inaperçu. Ce qui serait fort injuste à l’égard de ces peuples pour qui l’entrée dans l’Union représente un choix historique : rejoindre le club des pays désirant vivre en paix, aspirant a offrir à leurs peuples une certaine prospérité grâce a la démocratie, l’Etat de droit et l’économie de marché.

Il existe un contraste entre l’image que les Français se font de ces peuples, largement influencée par des stéréotypes, et l’aspiration de ces peuples à rejoindre le club européen. Roumanie et Bulgarie ont fait des efforts considérables pour respecter les conditions d’adhésion à l’Union : lutte contre la corruption, transcription dans le droit interne de la législation européenne connue sous le nom d’acquis communautaire, ouverture des frontières avec l’acceptation de la concurrence des économies bien plus performantes des 25 états de l’Union, etc... Les années récentes ont été des années d’efforts pour la Roumanie et la Bulgarie.

Inversement, les opinions des pays membres de l’Union, en particulier en France, ne semblent pas avoir fait beaucoup d’efforts pour mieux connaître les nouveaux membres de la famille. Nous nous contentons trop souvent de répéter des préjugés. Examen rapide de ces stéréotypes. Pour distinguer ce qui correspond à la réalité et ce qui est infondé.

Les deux pays sont retardés économiquement. Certes, mais les taux de croissance sont impressionnants, et un rattrapage du niveau moyen de l’Union peut s’envisager. La criminalité dans ces pays n’est pas maîtrisée. Certes, il y a des liens trop étroits entre police, anciens services secrets du temps des communistes, milieux d’affaires et certains milieux politiques. La plupart des Européens ne s’intéressent pas aux deux nouveaux pays. Sauf les milieux d’affaires qui investissent (Renault) et les touristes qui fréquentent les rivages de la Mer Noire. Ces deux pays apportent à peine quelque chose sur le plan culturel. Sibiu est capitale culturelle de l’Europe en 2007. Dans ces deux pays, la corruption prospère. En partie vrai. Le lecteur est invité ici à citer la liste des pays européens modèles dans ce domaine. Des milliers d’enfants abandonnés végètent dans des orphelinats glauques. C’était vrai, mais plus aujourd’hui, des efforts considérables ont été faits.

L’héritage communiste ne se solde pas en quelques années. Il reste de nombreux efforts à faire pour que les deux nouveaux états membres soient au niveau de la moyenne de l’Union.

Il y a aussi de nombreux efforts à faire pour que les anciens membres de l’Union accueillent les nouveaux. Sans les accabler sous la chape de préjugés, dont certains sont carrément faux, et d’autres en train d’évoluer. En se réjouissant de l’unité retrouvée du continent européen. Dans le partage des mêmes valeurs : respect des droits de l’Homme, des droits des minorités, démocratie, Etat de droit, vivre ensemble harmonieux de gens de langues et de religions différentes... C’est le minimum, me direz-vous. Cela n’a pas toujours été ainsi, et il faut se réjouir que les conflits « balkaniques » aient enfin pris fin.

L’Union Européenne est une formidable machine à fabriquer de la solidarité, par sa politique agricole (qui va permettre aux agricultures des nouveaux Etats de se moderniser) et sa politique en faveur des régions défavorisées, dont les deux pays vont profiter largement. Mais bien plus encore : l’Union attire les candidats car elle représente l’assurance que les conflits seront résolus sans recours aux armes et qu’à terme prospérité et démocratie seront au rendez-vous.

Roumains et Bulgares sont heureux de rejoindre le club de l’Union. Il serait dommage que l’accueil qui leur est fait soit froid ou indifférent. Tous les anciens satellites de l’ex-bloc communiste sont maintenant membres de l’Union. Que vive l’unité retrouvée du continent !

Par Antoine Sondag


Union européenne - Nouvelles frontières, nouveaux défis

Depuis le 1er janvier, l’Europe communautaire comporte 27 membres avec l’adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie. Au total, 30 millions de citoyens européens supplémentaires rejoignent une Union en panne de projet institutionnel avec des espoirs mais aussi des craintes.

« La majorité de la population pense que nous ne sommes pas prêts à entrer dans l’Union européenne mais que c’est une question de géopolitique qui nous dépasse. » Emanouil Patashev, directeur de Caritas Bulgarie, ne semble pas très optimiste sur les conséquences et opportunités de l’adhésion pour son pays et surtout pour sa population la plus défavorisée. Il faut dire que pour l’instant, l’accueil que réservent les 25 pays membres de l’Union européenne aux nouveaux arrivants et surtout à sa main-d’œuvre est des plus frileux. Seulement 6 pays ont prévu d’ouvrir leur marché du travail (République tchèque, Estonie, Finlande, Pologne, Slovaquie et Suède) aux travailleurs des deux nouveaux pays. Les autres préfèrent mettre en place des mesures transitoires.

La Roumanie et la Bulgarie restent très éloignées des standards de consommation et de développement du reste de l’Europe. Avec des salaires mensuels moyens de l’ordre de 200 à 300 euros et un salaire minimum d’environ 80-100 euros, il faut dire que l’adhésion pourrait faire office d’eldorado pour les travailleurs de ces pays, candidats à une émigration économique depuis longtemps.

Afin de préparer au mieux cette adhésion et d’absorber quelque peu l’effort budgétaire des deux pays pour satisfaire aux critères de convergence, le programme Phare a été mis en place depuis 1997. Sur la période 2000-2004, la Bulgarie aura bénéficié d’un apport de 511 millions d’euros et la Roumanie de 1 400 millions. Emanouil Patashev se montre d’ailleurs assez sceptique sur l’utilisation de ces fonds dans son pays. « Sur le terrain, nous n’avons pas vu l’utilisation de ces fonds », observe-t-il, confirmant ainsi les remontrances que la Commission européenne a pu faire à la Bulgarie sur le thème de la lutte contre la corruption. Armelle Guillembet, chargée de projets au département Europe du Secours Catholique, note que les « pressions de l’Union européenne ont été fortes sur ces deux pays pour qu’ils respectent les critères de convergence, bien sûr, mais aussi pour qu’ils fassent des efforts significatifs sur certaines thématiques bien précises. La question rom pour la Roumanie, la corruption pour la Bulgarie ».

« La population demeure dans l’expectative, souligne Emanouil Patashev. On se demande ce qui va se passer et on attend avec un peu d’inquiétude. Pour les plus riches, c’est évident, il y aura des opportunités de continuer à s’enrichir, de faire des affaires avec les secteurs économiques et industriels des autres pays. Mais pour les plus pauvres, c’est une autre histoire. On voit les prix augmenter chaque jour et les salaires restent les mêmes… » Malgré ces inquiétudes, Armelle Guillembet indique que la préparation à l’adhésion dans ces deux pays a été l’occasion pour les Caritas partenaires du Secours Catholique de présenter des modèles sociaux qui fonctionnent dans le cadre de programmes spécifiques. Les Caritas ont pu faire pression pour que certaines prestations soient prises en charge par les pouvoirs publics, notamment grâce aux fonds européens dans le cadre des projets de soins à domicile pour les personnes âgées que soutient le Secours Catholique.

Mais les aides et les appuis des programmes européens n’ont pas compensé les sacrifices et les coupes dans les budgets sociaux pour pouvoir répondre aux exigences de la convergence monétaire. « Cela s’est fait au détriment d’un système de pensions équitables pour les personnes âgées ou d’allocations logement alors que les loyers sont en augmentation, explique Armelle Guillembet. En Roumanie, les retraites sont de l’ordre de 40 euros par mois. Il est impossible de vivre décemment avec une pension de ce montant quand les tarifs des services comme le chauffage ou l’électricité ont tendance à s’aligner, eux, sur les standards européens. Même constat pour la santé et l’accès aux médicaments. » Réduire les inégalités en Roumanie et en Bulgarie et entre ces deux pays et le reste de l’Europe communautaire constitue un défi majeur. L’exemple de l’Espagne, du Portugal et de la Grèce qui ont largement profité de leur adhésion en matière de rattrapage économique laisse espérer pour ces deux nouveaux pays des bénéfices réels. À condition que l’accueil et l’aide des pays les plus riches de l’Union soient réellement importants. Les acteurs de la société civile, comme Caritas, engagés dans la lutte contre la pauvreté, participent aussi à la construction d’une Europe plus sociale et plus juste.

Roms et trafic d’êtres humains

Durant le processus d’adhésion, Bucarest a reçu à plusieurs reprises les remontrances de Bruxelles sur la question rom. « Le problème va au-delà d’un simple problème politique, note Armelle Guillembet. C’est un problème de société et malgré les tentatives de l’État roumain pour l’accès des Roms à la citoyenneté et à l’éducation, les discriminations sont toujours présentes. » Par ailleurs, l’adhésion de ces deux pays a renforcé la coopération policière et douanière et l’Union européenne a exercé de fortes pressions afin de former la police à la lutte contre les trafics d’êtres humains. Ces deux domaines revêtent un caractère prioritaire pour le Secours Catholique, notamment à travers son appui aux programmes de ses partenaires locaux.

'Par Stéphane Fernandez'


Lien web : www.secours-catholique.asso.fr/actualiteinternational_1073.htm


Publié le 11/01/2007 14:57 par Secours Catholique - Contacter l'auteur - Signaler un problème

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