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CHINE - DISNEY : Du Rêve au Cauchemar - Publié le 22/01/2007

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Appel n° 301 (du 15 décembre 2006 au 15 février 2007) - Mots-clefs : Chine Disney Droit de l'homme


Jouets, livres, vêtements, films, émissions de télé et parcs d’attractions, voilà avec quoi Disney a fait rêver des générations d’enfants depuis sa création en 1923. Avec près de 32 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2005, cette multinationale est aujourd’hui l’un des plus grands groupes de divertissement du monde. Mais à en croire les conditions dans lesquelles travaillent les ouvriers chinois qui fabriquent ses produits, le "monde merveilleux " de Disney a viré au cauchemar... Dans un rapport qu’elle vient de publier, la SACOM , une association d’étudiants et d’universitaires de Hong Kong qui se bat pour la défense des droits des travailleurs, révèle l’envers du décor chez plusieurs sous-traitants de Disney en Chine et dénonce la passivité de la compagnie face à la violation systématique des droits des travailleurs.

Une première enquête menée par la SACOM durant l’été 2005 auprès de quatre usines sous-traitantes de Disney situées dans des zones industrielles de la province du Guangdong , avait révélé de multiples violations des droits des travailleurs. Durant l’été 2006, une nouvelle investigation a été réalisée auprès de trois autres fournisseurs de Disney et la SACOM a ainsi pu constater, avec dépit, que les problèmes dénoncés dans son premier rapport sont très loin d’être résolus.

Graves violations des droits des travailleurs

Les rapports de la SACOM font état des salaires de misère des ouvriers dans ces usines. Nettement inférieurs au minimum légal , ceux-ci varient en outre considérablement en fonction des mois. En morte-saison, lorsque les commandes se raréfient, faute de travail, les ouvriers sont contraints de prendre des jours de congé sans solde comme en témoignent des employés de la fabrique de jouets de Kam Long, obligés de prendre jusqu’à 16 jours de congé en un mois. Pendant ces périodes creuses, les salaires diminuent quasiment de moitié. Même pendant la saison pleine, quand les commandes affluent, les salaires restent trop bas pour assurer un niveau de vie convenable. Pourtant, les ouvriers travaillent alors entre 11 et 16 heures par jour et certains confient même avoir été contraints de travailler jusqu’à 30 heures d’affilée pour honorer les délais d’une commande. Mais les nombreuses heures supplémentaires imposées aux travailleurs ne sont pas rémunérées au taux légal , ni même parfois comptabilisées. Pendant ces périodes, les ouvriers travaillent six ou sept jours par semaine et ne sont pas autorisés à prendre un jour de repos, même en cas de maladie. S’ils refusent ces conditions, les ouvriers s’exposent à des retenues arbitraires sur leurs salaires, voire au licenciement. Afin de dissuader ceux qui voudraient quitter ou dénoncer l’entreprise, un à deux mois de salaire sont retenus par la direction en dépôt et les contrats de travail ne leur sont pas communiqués.

Doigts écrasés ou amputés, membres mutilés, de nombreux ouvriers sont aussi victimes de l’utilisation de machines non sécurisées à des rythmes effrénés. La manipulation de produits chimiques dangereux sans protection adéquate, le défaut d’information sur les différentes mesures de sécurité liées à la manipulation de ce type d’appareils et de produits, ainsi que la chaleur insoutenable qui règne parfois dans les ateliers, sans compter l’alimentation peu équilibrée servie aux travailleurs, sont autant de facteurs de dégradation des conditions d’hygiène et de sécurité sur le lieu de travail. Dans ces usines, les accidents du travail sont quasiment quotidiens et les travailleurs blessés ou malades ne peuvent généralement, faute de moyens, accéder aux soins, car la direction ne finance que très rarement l’assurance sociale comme le prévoit pourtant la loi.

L’inefficacité du Code de conduite et des audits de Disney

Les conditions de travail observées chez les sous-traitants de Disney sont contraires à la fois à la législation chinoise et au propre Code de conduite de Disney, dans lequel l’entreprise s’engage à adopter "une conduite responsable et éthique" et à "respecter les droits de tous les individus . Disney a beau se targuer d’avoir réalisé des dizaines de milliers d’audits, supposés permettre l’application effective des dispositions de son Code, les enquêtes révèlent que ces audits sont inefficaces. Dans la pratique, la direction des usines auditées est informée à l’avance de l’arrivée des inspecteurs et a donc le temps de fabriquer de faux contrats de travail et de fausses fiches de paye avant l’arrivée des inspecteurs. L’un des ouvriers de la manufacture de Qi Sheng témoigne de "formations" organisées pour permettre aux travailleurs de mémoriser des réponses toutes faites aux questions des inspecteurs. Les travailleurs sont incités, par le biais de primes et de menaces de licenciement, à donner ces " bonnes réponses ". Le jour de l’audit, certains sont congédiés pour la journée, d’autres sont affectés à une autre usine, et seul un petit nombre d’ouvriers, pré-selectionnés, restent sur leur lieu de travail.

A l’heure où nous nous apprêtons à fêter Noël, le Réseau-Solidarité fait appel à vous pour soutenir l’appel de la SACOM et exiger de Disney que les cadeaux de nos enfants ne soient plus fabriqués dans la douleur, avec " la sueur, le sang et les larmes des travailleurs chinois " .

POUR EN SAVOIR PLUS

La campagne internationale contre Disney Menée par la SACOM, cette campagne rassemble plusieurs organisations de défense des droits des travailleurs, notamment : United Students against Sweatshops (USAS), Writers Guild of America (WGA), National Labour Committee (NLC), Sweatshop Watch, Clean Clothes Campaign Austria et Peuples Solidaires. Dans le cadre de cette campagne, la SACOM a publié deux rapports disponibles sur son site Internet (en anglais) : http://www.sacom.hk. Peuples Solidaires publiera bientôt la version française du dernier rapport.Un documentaire de 11 minutes décrivant la situation des travailleurs dans l’usine de Hung Hing à Shenzhen est également téléchargeable sur le site de la SACOM.

Disney élue entreprise la plus socialement irresponsable

En 2006, la Déclaration de Berne et Pro Natura, deux organisations suisses, ont décerné un “Public Eye Award” à Disney, en raison de son comportement d’entreprise particulièrement irresponsable.Nominé dans la catégorie “droits sociaux”, Disney a été élue en raison des violations graves des droits de l’Homme desquelles elle s’est rendue coupable. Pour plus d’informations sur les “Public Eye Awards”, voir le site de la Déclaration de Berne sur : http://www.evb.ch/fr/f25000188.html

Plus d'info sur le site :

Lien web : www.peuples-solidaires.org/article763.html


Publié le 22/01/2007 11:42 par Peuples Solidaires - Contacter l'auteur - Signaler un problème

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