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Journée internationale contre les mutilations génitales féminines - 6 février 2007 - Publié le 05/02/2007

communiqué informatif en relation avec la Journée Internationale contre les mutilations génitales féminines - Mots-clefs : solidarité internationale,mutilations génitales,OMS

Lien web : www.who.int/mediacentre/factsheets/fs241/fr/


Les mutilations sexuelles féminines


QU'ENTEND-ON PAR MUTILATIONS SEXUELLES FÉMININES ?

Les mutilations sexuelles féminines, souvent désignées également par l'expression « circoncision féminine », recouvrent toutes les interventions incluant l'ablation partielle ou totale des organes génitaux externes de la femme ou la lésion des organes génitaux féminins pratiquée pour des raisons culturelles ou religieuses ou pour toute autre raison non thérapeutique.

Il y a différents types de mutilations sexuelles dont on sait qu'ils sont pratiqués aujourd'hui, à savoir :
- Type I – excision du prépuce, avec ou sans excision partielle ou totale du clitoris;
- Type II – excision du clitoris, avec excision partielle ou totale des petites lèvres;
- Type III – excision partielle ou totale des organes génitaux externes et suture/rétrécissement de l'orifice vaginal (infibulation);
- Type IV – piqûre, perforation ou incision du clitoris et/ou des petites et des grandes lèvres ; étirement du clitoris et/ou des lèvres ; cautérisation par brûlure du clitoris et du tissu avoisinant;
- Grattage (angurya cuts) de l'orifice vaginal ou incision (gishiri cuts) du vagin;
- Introduction de substances corrosives ou de plantes dans le vagin pour provoquer des saignements ou pour resserrer ou rétrécir le vagin; enfin, toute autre intervention qui répond à la définition des mutilations sexuelles donnée plus haut.
La forme la plus courante de mutilation sexuelle féminine est l'excision du clitoris et des petites lèvres, pratiquée dans presque tous les cas (jusqu'à 80 %) ; la forme la plus extrême est l'infibulation, pratiquée dans 15 % environ des cas.

CONSÉQUENCES POUR LA SANTÉ:

Les conséquences immédiates et à long terme des mutilations sexuelles féminines pour la santé varient selon le type et la gravité de l'intervention pratiquée.
Les complications immédiates comprennent douleurs, choc, hémorragie, rétention d'urine, ulcération de la zone génitale et lésions des tissus adjacents. Hémorragie et infection peuvent entraîner la mort.
Ces derniers temps, on s'est inquiété du risque de transmission du virus de l'immunodéficience humaine (VIH) parce qu'un seul instrument est utilisé pour de nombreuses opérations, mais cette question n'a pas fait l'objet de recherches approfondies.
Parmi les conséquences à long terme figurent kystes et abcès, formation de chéloïdes, lésions de l'urètre entraînant une incontinence urinaire, dyspareunie (rapports sexuels douloureux), dysfonctionnement sexuel et problèmes pendant l'accouchement.
Santé psychosexuelle et psychologique :
Les mutilations sexuelles peuvent marquer à vie la mémoire de celles qui les ont subies. A plus long terme, les femmes peuvent souffrir d'un sentiment d'inachèvement, d'angoisse ou de dépression.

QUI PRATIQUE LES MUTILATIONS SEXUELLES FÉMININES, À QUEL ÂGE ET POUR QUELLES RAISONS ?

Dans les sociétés où les mutilations sexuelles féminines sont une norme acceptée, elles sont pratiquées par des personnes de toutes croyances religieuses de même que par des animistes et des non-croyants. L'intervention proprement dite est généralement effectuée par un tradipraticien à l'aide d'instruments rudimentaires et sans anesthésie. Chez les gens plus riches, elles peuvent être pratiquées dans un établissement de santé par du personnel qualifié.
L'OMS est opposée à la médicalisation de toutes les formes de mutilation sexuelle féminine. L'âge auquel sont pratiquées les mutilations sexuelles varie selon la région. Elles sont pratiquées sur des nouveau-nés, des fillettes et des adolescentes et, parfois, sur des femmes adultes.
Les familles citent plusieurs raisons justifiant l'intervention :
raisons psychosexuelles : réduction ou élimination du tissu sensible des organes génitaux externes, particulièrement du clitoris, afin d'atténuer le désir sexuel chez la femme, de préserver la chasteté et la virginité avant le mariage et la fidélité durant le mariage, et enfin d'accroître le plaisir sexuel de l'homme;
raisons sociologiques : identification avec l'héritage culturel, initiation des fillettes à la condition de femme, intégration sociale et maintien de la cohésion sociale;
hygiène et raisons esthétiques : les organes génitaux externes de la femme passent pour être sales et inesthétiques et il faut les enlever pour favoriser l'hygiène et rendre la femme attrayante;
mythes : accroissement de la fécondation et promotion de la survie de l'enfant;
raisons religieuses : certaines communautés musulmanes pratiquent toutefois les mutilations sexuelles féminines parce qu'elles croient en toute bonne foi que cette pratique fait partie de l'Islam. Or, elle est antérieure à l'avènement de la religion musulmane.

PRÉVALENCE ET DISTRIBUTION DES MUTILATIONS SEXUELLES FÉMININES

La plupart des cas de mutilation sexuelle féminine chez des fillettes ou des femmes concernent 28 pays d'Afrique, mais quelques-uns concernent l'Asie et le Moyen-Orient. On trouve d'autre part de plus en plus de cas en Europe, en Australie, au Canada et aux Etats-Unis d'Amérique, avant tout parmi des immigrants de ces pays.
A l'heure actuelle, on estime qu'entre 100 et 140 millions de fillettes et de femmes ont subi une mutilation sexuelle. On pense que, chaque année, deux autres millions de fillettes risquent d'être soumises à cette pratique.

ACTIVITÉS DE L'OMS FACE AUX MUTILATIONS SEXUELLES FÉMININES :

Action de plaidoyer et élaboration de grandes orientations:
Il a été publié une déclaration conjointe OMS/UNICEF/FNUAP sur les mutilations sexuelles féminines ainsi qu'un plan régional pour accélérer l'élimination des mutilations sexuelles féminines de manière à encourager l'élaboration de grandes orientations et de mesures concrètes aux niveaux mondial, régional et national. Plusieurs pays où les mutilations sexuelles féminines sont traditionnellement pratiquées sont en train d'élaborer des plans d'action nationaux fondés sur la stratégie de prévention des mutilations sexuelles féminines proposée par l'OMS.
Recherche-développement:
L'un des principaux objectifs de l'action de l'OMS face aux mutilations sexuelles féminines est de rassembler des éléments d'information et de tester des interventions pour encourager l'élimination de cette pratique. Des protocoles de recherche ont été mis au point avec un réseau d'établissements de recherche collaborateurs ainsi qu'avec des chercheurs en sciences sociales et en sciences biomédicales reliés aux communautés concernées. L'OMS a fait le point des approches de programme pour la prévention des mutilations sexuelles féminines dans les pays et organisé une formation à l'intention des agents communautaires pour qu'ils puissent mieux travailler à la prévention de cette pratique dans la population.
Mise au point de matériels de formation et formation des prestateurs de soins:
L'OMS a mis au point des matériels de formation de manière à intégrer la prévention des mutilations sexuelles féminines dans les programmes de formation du personnel infirmier et obstétrical et des médecins, ainsi que pour la formation en cours d'emploi des agents de santé. D'autre part, des ateliers de formation fondés sur des bases factuelles ont été mis au point à l'intention du personnel infirmier et obstétrical dans les Régions de l'Afrique et de la Méditerranée orientale pour sensibiliser ces agents de santé et les inciter à faire valoir de solides arguments contre les mutilations sexuelles féminines.


Pour plus d'informations:
WHO Media centre
Téléphone: +41 22 791 2222
Courriel: mediainquiries@who.int

www.who.int/mediacentre/factsheets/fs241(..)


(La journée internationale contre les mutilations génitales féminines aura lieu le mardi 6 février 2007)


Publié le 05/02/2007 08:18 par centre des médias OMS - Contacter l'auteur - Signaler un problème

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