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DARFOUR : Action contre la Faim rappelle l’urgence d’une solution politique pour sécuriser la zone - Publié le 16/06/2007
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Témoins au quotidien des atrocités vécues par les populations du Darfour, les équipes d’Action contre la Faim font aujourd’hui partie des quelques ONG françaises encore présentes dans cette province meurtrie du Soudan. - Mots-clefs : ACF Darfour
16/05/2007
De cette présence découle un constat :l’évolution du contexte vers une atomisation du conflit et une multiplication des acteurs de la violence laisse penser qu’une, intervention armée et non négociée serait dangereuse. Elle aurait sans doute des conséquences plus graves que le mal lui même, par la violence qu’elle risquerait de déchaîner. En témoignent la Somalie ou l’Irak.
Des solutions simples pour un contexte complexe ?
Depuis plusieurs mois, notamment depuis l’accord de paix d’Abuja en mai 2006, la situation politique au Darfour s’est complexifiée. Les groupes rebelles, signataires ou non de l’accord, se sont disloqués en de multiples factions, de nouvelles rebellions. De nombreux groupuscules se sont autonomisés si bien que le conflit s’est littéralement atomisé. Les « accrochages » ou combats entre factions sont fréquents, les exactions sur les populations sont devenues le fait de tous les protagonistes du conflit. Les travailleurs humanitaires sont eux-mêmes devenus les victimes de ces attaques. Certains experts parlent souvent d’une « somalisation » de la situation, ce qui devrait rendre prudents les partisans d’une intervention non négociée et sans accord préalable.
Priorité à la négociation d’une force de paix
Action contre la Faim appelle à la médiation pour arriver enfin à une solution politique viable. Il ne s’agit pas de négocier, au forceps, un accord imparfait ne regroupant qu’une partie des rebelles comme ce fut le cas à Abuja l’an passé. Là aussi, la précipitation et la volonté d’accoucher coûte que coûte d’un accord présentable à la communauté internationale a débouché sur la terrible situation à laquelle les populations, et les humanitaires qui les soutiennent, ont à faire face aujourd’hui. Des pressions sont possibles, les sanctions prévues dans certaines résolutions votées au Conseil de Sécurité des Nations Unies doivent être appliquées pour permettre le respect du droit humanitaire et la protection des populations civiles .
Le gouvernement soudanais a « entrouvert une porte » le lundi 16 avril dernier en acceptant toute la phase II de soutien de l'ONU à la Force africaine, c’est à dire le déploiement de 3000 hommes. C’était peut-être là un premier pas. Pour nous humanitaires, l’enjeu est de permettre de façon négociée le déploiement d’une véritable force de paix pouvant sécuriser le Darfour.
2.5 millions de personnes sous perfusion humanitaire
Action contre la Faim rappelle que le déploiement humanitaire au Darfour depuis le début du conflit a empêché un réel désastre. Sur 6 millions d’habitants, 2,5 millions de personnes sont déplacées et survivent dans d’immenses camps totalement sous perfusion humanitaire. La communauté humanitaire tient le Darfour à bout de bras, traitant la malnutrition, soignant les malades, approvisionnant les camps en eau potable et en nourriture. La principale préoccupation humanitaire reste les très nombreuses zones non accessibles, pour cause d’insécurité, et les nouveaux déplacements de populations. Aucune ONG ne peut se satisfaire d’une telle situation et n’a envie de voir se reproduire le calvaire qu’a enduré le sud Soudan pendant plus de 20 ans.
Mais l’hypothétique remède d’une intervention non négociée aurait sans doute des conséquences plus graves que le mal lui même, par la violence qu’elle risquerait de déchaîner, et le danger qu’elle ferait courir à une intervention humanitaire vitale pour des millions de personnes. La situation anarchique et tragique de l’Irak et de la Somalie en est encore une fois une triste illustration.

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Publié le 16/06/2007 18:50 par Action contre la faim - Contacter l'auteur - Signaler un problème