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Agir en R.D.C. pour les femmes - Le bilan de l'O.N.U. sur les violences faites aux femmes : - Publié le 12/09/2007

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Interview de Nicolas Wachan Djayerombe, Directeur d'un Centre Médical Evangélique - R.D.C. - Mots-clefs : Femme, RDC, ONU


Le bilan sur la situation des femmes en République Démocratique du Congo remis récemment (juillet 2007) par Mme Yakin Ertürk, Rapporteuse spéciale du Conseil des droits de l'homme des Nations Unies est stupéfiant.

S'il parle essentiellement des violences sexuelles dans l’est du pays, il rappelle aussi toutes les autres formes de violence qui se manifestent dans la famille et la communauté et qui sont, encore aujourd'hui, considérées comme normales par une grande partie de la société congolaise.

Le S.E.L. a interrogé deux de ses partenaires sur place, afin d'en savoir plus et voir comment cette réalité était prise en compte dans la conduite des projets soutenus par vos dons.

Nicolas Wachan, Directeur du Centre Médical Evangélique

Nicolas Wachan Djayerombe est Directeur du Centre Médical Evangélique de l'Institut d'Enseignement Médical, en République Démocratique du Congo, dans la province du Nord-Kivu, à l'est du pays, en zone de tensions. Il est partenaire du S.E.L. pour un projet de formation de professionnels de santé.


Avez-vous eu connaissance du rapport de l'O.N.U. sur les violences dont sont victimes les femmes dans votre pays ? Qu'en pensez-vous ?

Je n'ai pas lu ce rapport dans le détail, mais en ai beaucoup entendu parler ici. Beaucoup de commentaires ont été faits dans les actualités locales sur ces nombreux cas de violences sexuelles, dans la région.

Nous sommes dans une province ou l'insécurité due à la guerre est encore palpable. Beaucoup de milices se cachent dans la brousse. En allant travailler dans les champs, les femmes rencontrent ces milices...

Il y a ces cas de violence mais aussi toutes les violences "sourdes", celles qui ont lieu dans le cadre de la communauté ou de la famile dont on parle peut-être moins, parce que nous sommes dans une culture où tout ce qui concerne le sexe est caché, où la femme n'a droit à aucune liberté d'expression par rapport à l'acte sexuel.


Femmes de R.D.C.

Vous évoquez la sensibilisation, pouvez-vous nous en dire quelques mots ? Est-ce que les mentalités évoluent ?

Nous sommes dans un pays où la culture ne permet pas forcément à la femme d'avoir le droit à la parole, au sein de la communauté, de la famille voire parfois de l'église. On commence depuis peu à laisser aux femmes le droit de s'exprimer, d'être représentées dans la vie publique. Elles-mêmes ne sont pas encore souvent forcément convaincues de cette nécessité de s'exprimer.

Dans une situation de viol, la femme est vue comme le "promoteur" de ce viol, de ce fait on la répudie, on la chasse.

Ainsi, les actions de sensibilisation qui évoquent ces situations de violence : séminaires, forum et surtout les émissions de radio diffusées dans les communautés ont encore du mal à "libérer la parole des femmes".

Pourtant, grâce aux efforts de sensibilisation dans le pays, elle osent de plus en plus se présenter dans des centres de santé comme le nôtre ou devant les tribunaux.

Nous en recevons de plus en plus fréquemment et les redirigeons alors vers les organisations spécialisées que nous connaissons ou vers l'hôpital général où des personnes sont mieux formées pour les accueillir.


Ce contexte influence-t-il votre activité ?

Oui, nous faisons tout pour favoriser l'accès aux formations au maximum de jeunes filles possible.

Nous les encourageons aussi à se libérer des tabous ou interdictions qui pèsent injustement sur elles.

Nous les aidons à prendre la parole au sein de leur communauté, leur formation est d'ailleurs souvent la meilleure arme pour y parvenir !


Si vous pouviez laisser un message au public du S.E.L., en France, quel serait-il ?

Mon premier message serait de leur dire combien il est important qu'ils oeuvrent pour faire savoir, pour dénoncer ces situations. Le public occidental est souvent mieux placé pour exercer ce lobbying.

J'ajouterai aussi qu'une des raisons majeures de cette situation, hormis les guerres et affrontements dans la région, c'est l'analphabétisme qui frappe davantage les filles que les garçons. Celle qui n'a pas étudié, n'a pas d'arguments, ne sait pas s'exprimer aisément.

Nos efforts en matière d'éducation sont importants mais nous avons besoin d'appuis financiers bien sûr, mais d'encouragements et de soutien moral aussi.

Je voudrais dire aussi tous mes remerciements à ceux qui s'intéressent à nos efforts ; leur soutien moral et financier nous encourage.

Votre soutien nous aide à espérer.

Contact :

S.E.L.
9, rue de la gare
94 234 Cachan Cedex
01 46 65 83 03
info@selfrance.org

Lien web : selfrance.org/index.php?id=324


Publié le 12/09/2007 08:10 par Service d'Entraide et de Liaison - Contacter l'auteur - Signaler un problème

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