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Birmanie : Rapport d’enquête d’ACF sur Bogale : un risque de crise nutritionnelle très important - Publié le 22/05/2008
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09/05/08 - Mots-clefs : Birmanie,
Communiqué du 16 05 2008
Rapport d’enquête d’ACF sur Bogale : un risque de crise nutritionnelle très important
Au-delà des distribution de vivres, d’eau et kits de première nécessité déjà en cours, les équipes d’Action contre la Faim présentes dans la zone de Bogale- une des régions les plus affectées par le Cyclone Nargis– ont mené une rapide évaluation des besoins des populations sinistrés en début de semaine. Les conclusions de leur enquête sont extrêmement inquiétantes tant pour la situation immédiate des survivants que pour le moyen terme.
Alors qu’ Action contre la Faim organise depuis une semaine des rotations de convois humanitaires vers les victimes du cyclone, nos équipes sont de plus en plus inquiètes face à l’ampleur des besoins, le faible nombre d’acteurs en présence pour mener des opérations d’aide humanitaire et la rapide détérioration de la situation. Le seul district de Bogale comprenait 400 000 habitants répartis dans 527 villages autour de la ville principale de Bogale (50 000 habitants). Dans cette zone, ACF est l’une des rares ONG internationales active.
Premiers éléments de l’enquête :
Nutrition / Sécurité alimentaire
- la première priorité de toutes les personnes interrogées est la nourriture : les gens passent leur journée à chercher de la nourriture et à trouver un moyen de la cuire. Depuis maintenant 15 jours, les survivants se nourrissent essentiellement de quelques fruits et légumes collectés dans la nature et de riz moisi : les populations récupèrent en effet du riz mouillé par les inondations et tentent de le faire sécher sur le bord des routes.
- Le prix du riz a été multiplié par 4 depuis le cyclone (60 000 kyat / sac soit 60 dollars/sac)
- Le nombre de repas est passé de 3 à 2 par jour pour 72% des personnes interrogées
- 86% des personnes interrogées consomment un riz détérioré et ont divisé par 2 les quantités de nourriture pour chaque repas.
- Une semaine après le cyclone, les gens se disaient déjà « affamés »
- Face à cette situation, la population développe des « mécanismes de survie » qui pourraient aggraver leur situation dans un futur proche : emprunt à des taux très importants, vente des biens qui leur restent, …
- L’activité économique est totalement sinistrée : la majorité des pêcheurs ont perdu leurs outils de pêche (bateaux, filets,…) et les agriculteurs ont perdu leurs semences, leurs outils et leurs buffles.
La plupart des stocks de nourriture des familles et des commerçants a été détruits.
En conclusion, les équipes d’ACF craignent l’émergence rapide d’une crise nutritionnelle, étant donné les difficultés auxquelles font face les acteurs humanitaires pour apporter une aide massive dans les zones sinistrées.
Eau et assainissement
- 75% des gens collectent leur eau de boisson dans des mares. Ces dernières ont été très fortement contaminées soit par le sel, les débris, les cadavres d’animaux et d’hommes ; notamment dans les zones rurales.
- 95% des latrines existantes sont détruites, laissant craindre des contaminations fécales dans l’eau.
- la majorité de la population a tout perdu, dont les récipients qui leur servaient à transporter et conserver l’eau. Ils ne peuvent donc pas collecter les eaux de pluies qui seraient pourtant davantage potables que l’eau des mares.
- Des cas de diarrhées commencent à être rapportés aux équipes d’Action contre la Faim mais il y a un très fort risque que leur incidence augmente. De même les cas de malaria et de pneumonie pourraient croître si l’accès à l’assainissement et aux soins de base n’est pas très vite rétabli. 23% des personnes interrogées se disent atteints de maladies. Ces maladies liées à l’eau peuvent rapidement entraîner les personnes atteintes vers la malnutrition.
Malgré des contraintes, l’aide atteint les sinistrés
Face à cette situation humanitaire dramatique, la logistique reste une contrainte majeure, accentuée par le début de la mousson. Les derniers ponts qui tenaient encore ne sont désormais plus praticables. L’accès par la route n’est donc plus possible. Les équipes d’Action contre la Faim utilisent 2 bateaux pouvant accueillir chacun 20 et 25 tonnes de fret qui font des rotations entre Rangoon et Bogale.
Ces bateaux permettent d’avoir un accès grandissant aux zones les plus isolées. Plusieurs dizaines de tonnes de riz, d’eau, de pastilles de purification et de kits de premières nécessité ont donc pu être distribuée s et continuent à l’être.
Ainsi l’explique, Richard Poncet, ingénieur hydraulicien d’ACF en Birmanie : « Nous voulons tout d`abord assurer une capacité de stockage d`eau de qualité au niveau du foyer. Mon premier souci concerne la qualité de l`eau. Les populations utilisant principalement les eaux de surface comme ressources en eau potable, le risque de transmission de maladie diarrhéique est un facteur important. La saison des pluies arrivant avec la mousson, cette eau fraîche doit être collectée.
Nous distribuons des bâches plastiques faisant office de toits, et d`autres qui, pliées, permettent de constituer des réservoirs de collecte d`eau de pluie.
Mais il n`y a pas que l`eau, nos programmes sont très complémentaires : quelqu’un qui a faim ne se soucie pas de la qualité de l`eau qu`il boit, sa priorité est de trouver quelque chose à manger. Et quelqu’un qui est malade peut ne plus se soucier de rien : il doit manger une nourriture équilibrée, et boire une eau saine. Il faut donc que nous leur apportions toute notre aide en même temps, et au plus vite. »
Par ailleurs, après un premier avion chargé de 40 tonnes de matériel ACF affrété grâce au soutien de la Délégation à l’Action Humanitaire, un autre avion comprenant 12 tonnes de bâches, jerricans, kits de purifications d’eau a été affrété grâce au soutien de l’OFDA (Office of U.S. Foreign Disaster Assistance). Le fret de ces 2 avions a été déchargé avec succès à Rangoon et est en cours d’acheminement vers Bogale.
Action contre la Faim parvient donc à mener des opérations d’urgence dans la zone du Delta malgré de fortes contraintes. Mais cette aide demeure largement insuffisante à l’échelle des besoins des sinistrés.
Communiqué du 13 05 2008
ACF s'appuie sur son personnel local pour acheminer l'aide par voie de mer, de terre ou d'air
Face à d`importants défis humains et logistiques, la mission Action contre la Faim en Birmanie renforce encore ses capacités opérationnelles et met tous les moyens en oeuvre pour sécuriser les voies d'acheminement vers les victimes, dans le sud du pays, par camion et par bateau. Un avion quitte ce soir Vatry en France avec 40 tonnes de matériel ACF à destination de Rangoon.
Une première équipe ACF s`est rendue de Rangoon à Bogale, dans le sud du pays, mercredi 7 mai. Jeudi, deux premiers camions ACF partaient pour Bogale, chargés l'un de 7 tonnes de riz, et l'autre de 4 tonnes de matériel de purification et d' assainissement de l'eau. Ces camions constituaient la première aide internationale acheminée vers Bogale. Deux autres camions contenant chacun 7 tonnes de riz sont partis le 9 mai et arrivés le 10 à Bogale, malgré les difficultés rencontrées 10 km avant Bogale sur un pont endommagé par le cyclone. « La mission craint que des camions plus lourds ne puissent pas franchir ce pont, témoigne Félix Léger, chef de la mission ACF en Birmanie. D'autres voies d`acheminement ont donc été envisagées, et ACF est parvenue à affréter un bateau, malgré un contexte difficile. » Le port de Rangoon est en effet fortement endommagé. Ce bateau ACF est arrivé lundi 12 mai à Bogale, chargé d'environ 10 tonnes de riz et de haricots, 4 tonnes de bouteilles d`eau minérale et 6 tonnes de bâches plastique et d'ustensiles de cuisine, fournis par les Nations unies et ACF.
Nous espérons qu`un second bateau de 25 tonnes pourra partir dès que possible ajoute Felix Leger. Mais l'inquiétude sur l'arrivée de la mousson, avec l'annonce de 5 jours de pluie imminents, renforce la nécessité de développer encore les voies d`acheminement. » Si elle représente une difficulté supplémentaire pour les populations refugiées, cette pluie permettra malgré tout de constituer pour les victimes des ressources en eau potable, et d'évacuer l'eau salée des rizières.
Par ailleurs un avion affrété par la Délégation à l'Action Humanitaire avec 40 tonnes de matériel et de vivres d'Action contre la Faim à son bord décollera ce soir à minuit de l'aéroport de Vatry en direction de Rangoon.
Début des distributions d'aide par les employés nationaux d'ACF
A Bogale, la négociation avec les autorités a enfin permis de démarrer la phase de distribution le 12 mai : 14 tonnes de riz et 4 tonnes de matériel d'eau et d'assainissement ont donc pu être distribués aux sinistrés. Le fret du bateau arrivé hier est actuellement en cours de distribution. 6 autres camions partent demain matin chargés de vivres et de matériel. Ces rations ne constituent qu'un minimum pour survivre et sont encore largement insuffisantes face à l'ampleur des besoins.
La mission ACF, renforcée par l'arrivée le 10 mai de 7 nouveaux expatriés, lance aussi une phase de recrutement massive de 30 à 50 employés locaux, seuls autorisés à circuler dans la zone du delta pour le moment.
Elise Rodriguez
Responsable de la Communication externe
Action contre la Faim
4, rue Niepce - 75 662 Paris Cedex 14
Nouveau numéro : 01 43 35 82 23
Communiqué du 09 05 2008
Cyclone Nargis : ACF envoie 40 tonnes d’aide et 6 expatriés
Tandis que les équipes sur place ont acheminé le premier convoi à Bogalay, une équipe de 6 volontaires supplémentaires part pour Rangoon ce samedi 10 mai et 40 tonnes de nourriture et de matériel d’Action contre la Faim devraient être envoyés via l’avion affrété par le gouvernement français.

Une situation critique sur Bogalay
Parti hier de Rangoon, le premier camion chargé de 7 tonnes de riz est arrivé à Bogalay aujourd’hui. 3 autres camions contenant 18 tonnes de riz et du matériel de purification d’eau sont actuellement en route vers la zone. D’après les témoignages de nos équipes sur place, la ville de Bogalay est « rasée », les populations manquent de tout : nourriture, abris, médicaments ; et se regroupent dans des camps improvisés. Aux alentours, on parle de plusde 80 000 personnes ayant besoin d’une assistance immédiate.
Depuis 7 jours, les rescapés ont pu survivre notamment en s’approvisionnant dans les entrepôts situés à Bogalay. Ces stocks de riz ont été fortement endommagés mais constitue l’unique source de nourriture pour la population. Ces réserves sont sur le point d’être épuisées. De même pour l’accès à l’eau : les populations ont quasiment épuisé les réservoirs d’eau –même parfois partiellement détruit- et sont contraints d’utiliser l’eau souillée et salée des points d’eau non protégés. L’aide arrive en quantité largement insuffisante pour subvenir aux besoins des milliers d’habitants de la région.
Pour Action contre la Faim, la priorité absolue et le besoin majeur des populations dans les prochains jours reste l’approvisionnement en nourriture, du riz, mais également de l’huile et des légumineuses. L’accès à l’eau potable représente également une préoccupation majeure pour faire face aux risques d’épidémies. De nombreux cadavres d’animaux et parfois d’hommes jonchent les cours d’eau.
Départ de 6 volontaires et de 40 tonnes de nourriture et de matériel
Des experts en eau, logistique et en sécurité alimentaire partent demain de Paris pour rejoindre les équipes déjà à pied d’œuvre sur place. Parallèlement, Action contre la Faim devrait acheminer près de 40 tonnes d’aide via un avion affrété par le gouvernement français. En lien avec les besoins recensés par nos équipes sur place, le fret contient 25 tonnes de biscuits protéinés, des kits de chloration d’eau, de motos pompes et autre matériel pour approvisionner en eau potable.
Contact Presse : 06.70.01.58.43
Action contre la Faim est présente depuis 1994 en Birmanie. Avec 22 expatriés et 300 employés locaux, les équipes d’ACF viennent en aide à plus de 140 000 personnes en nutrition, en eau et assainissement et en sécurité alimentaire.
Communiqué du 07 05 2008
Les survivants en sursis : ACF fait partir un premier convoi vers Bogalay
Manque d’information, etc., l’accumulation des facteurs aggravants fait craindre le pire pour les millions de survivants du cyclone.
Depuis Rangoon et pour faire face à l’urgence, Action contre la Faim fait partir un premier convoi d’aide vers Bogalay.
Les survivants en sursis face aux multiples conséquences du cyclone
Suite au passage du cyclone Nargis il y a maintenant cinq jours, le bilan humain ne fait que s’aggraver et la situation des survivants devient de plus en plus préoccupante.
A Rangoon, alors que les rues commencent à être déblayées, et que le circuit central d’alimentation en eau se remet en marche doucement, d’autres difficultés apparaissent.
« L’un des problèmes majeurs aujourd’hui pour les habitants, c’est l’accès à l’essence. On craint une grosse pénurie. Sur les 2 seules raffineries existantes en Birmanie, une a été complètement détruite et l’autre est endommagée. On voit donc des queues interminables devant les stations essences », témoigne Felix Léger, le chef de mission d’ACF sur place.
« L’autre problème est l’accès aux denrées de base. Les supermarchés sont hors service, les gens s’approvisionnent auprès des petites échoppes. Il y a encore des denrées mais à des prix de plus en plus élevés. »
En effet, cette hausse des prix qui touchait déjà la Birmanie avant la catastrophe, ne fait que s’aggraver, puisque le cyclone a en grande partie dévasté ce qui était le « grenier » du pays.
Les Birmans sont donc en sursis, l’aide alimentaire internationale doit être immédiatement doublée pour prévenir une pénurie car sans aide extérieure les stocks de nourriture vont se vider très rapidement.
Un premier convoi vers Bogalay
La zone de Bogalay a été l’une des plus ravagée par le cyclone. Dans cette région abritant environ 350 000 habitants, les autorités estiment que 10 000 personnes sont décédées. Mais par manque d’informations précises sur la situation des survivants et sur l’ampleur concrète des dégâts, Action contre la Faim craint le pire.
Les populations de cette région étaient déjà dans une situation de grande vulnérabilité avant cette catastrophe. En effet une étude menée par ACF en février dernier a montré que 80% des points d’eau étaient déjà déficients et que près de 70% de la population n’avaient pas accès à une eau saine.
Face à la menace d’une hécatombe, une première équipe d’Action contre la Faim part demain matin avec un stock minimum pour aider les survivants : 2 camions chargés de 10 tonnes de riz ainsi que des pastilles purifiantes pour l’eau, de quoi assurer la distribution de 25 000 rations alimentaires.
Un second convoi est déjà en préparation à Rangoon. L’objectif est de subvenir aux besoins primaires de ces populations qui ont tout perdu. Des produits de première nécessité (ustensiles de cuisine, d’hygiène…), des abris, du matériel pour fournir de l’eau potable sont en cours d’achat.
Dans l’urgence et pour s’adapter à un contexte opérationnel difficile, ACF prévoit de multiplier ces allers-retours d’aide vitale en attendant l’accès à des stocks plus importants.
Malheureusement cette aide humanitaire est elle-aussi fortement paralysée. « Si les difficultés d’approvisionnement en essence persistent, elles risquent de limiter nos déplacements et nos capacités d’action », explique Felix Léger. Pour l’instant, nos équipes en Birmanie mobilisent au maximum leurs moyens humains et matériels, mais elles sont en attente de renforts. Dix volontaires d’Action contre la Faim sont sur le départ. Dès réception des visas, ils pourront venir soutenir les équipes d’ACF déjà en place à Rangoon et déployer l’aide dans les zones du Sud. Des stocks d’aide sont aussi d’ores et déjà pré-positionnés pour être envoyés.
Aujourd’hui chaque nouvelle information que nous recevons, nous indique que la situation s’aggrave et que les besoins sont de plus en plus importants. Après la catastrophe naturelle, le pays risque très fortement d’être touché par un désastre humanitaire.
Contact Presse : 06.70.01.58.43
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Publié le 22/05/2008 16:37 par Action contre la Faim - Contacter l'auteur - Signaler un problème