|
|
|
![]() Reuters/Victor Ruiz Caballero |
Il eut été étonnant qu’il n’y ait pas de manifestations de rue à Athènes, Madrid ou New York. Le chômage et la précarité économique suffiraient pour faire de millions de résignés des millions d’indignés. Mais le fait de constater en plus que certains de ceux qui sont à l’origine de la crise en tirent maintenant profit suscite une réaction presque naturelle: éteindre la télévision et descendre dans la rue.C’est aisément compréhensible. |
Ce qui est plus difficile à expliquer, c’est que cela se passe aussi au Chili. Qu’importe que les rues chiliennes s’embrasent, le Chili est un petit pays sud-américain isolé, dont la situation n’a pas tellement d’incidence à l’extérieur. Certes, mais en décryptant les événements qui se déroulent au Chili, on obtient des indices utiles qui permettent de mieux comprendre la vague d’indignation et de manifestations qui déferle dans d’autres régions.
Les Chiliens devraient être en train de se réjouir, pas de protester. Leur pays fait partie de ceux qui ont enregistré les plus grands succès. A la fin des années 1980, la part de la population pauvre était de 45%; aujourd’hui, elle se situe à seulement 14%. Deux décennies de croissance économique rapide, la création d’emplois et l’augmentation des salaires ont contribué au progrès social.
L’inflation, qui frappe toujours les plus défavorisés, est passée de 27% par an en 1990 à 3% à l’heure actuelle. Des chiffres économiques à faire rougir de jalousie tous les pays européens. Et dans n’importe quel classement international, le Chili figure dans les premières places (et reste le numéro 1 d’Amérique latine) pour de nombreux domaines d’étude: faible niveau de corruption, bon indice de développement humain, forte compétitivité internationale, liberté économique, «connectivité», etc.
Et pourtant, depuis des mois, les quartiers s’emplissent de manifestants. La contestation sociale, née sous le précédent gouvernement dirigé par Michelle Bachelet, s’est poursuivie après la présidentielle (remportée par l’opposition) et sous le nouveau gouvernement. D’une protestation ponctuelle, motivée à la base par la construction d’un barrage, on est passé à des manifestations de grande ampleur visant à dénoncer un système éducatif de mauvaise qualité et trop coûteux.(...)
Selon l’étude Latinobarómetro, le Chili est le pays latino-américain où l’impression générale de progrès a le plus baissé. C’est aussi le pays où la satisfaction concernant le fonctionnement la démocratie a le plus diminué, sans compter que les Chiliens sont de moins en moins nombreux à soutenir leur «modèle économique». Comment l’expliquer?.../...
|
Partager |
|
|
Envoyer cette page à un ami |
|
|

Lien web : www.slate.fr/story/46861/inegalites-chili-stop
Publié le 30/11/2011 09:30 par Portail-Humanitaire.org - Contacter l'auteur - Signaler un problème
| Qui sommes nous | Forum | Publicité | Utilisateurs |
|---|---|---|---|