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Paris - 28 novembre 2012 |
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L’Inde est une source vitale de médicaments de qualité et à prix abordable, notamment les
antirétroviraux, pour la grande majorité des personnes vivant avec le VIH dans les pays les
plus pauvres. En effet, les produits de santé indiens sont parmi les moins chers au monde. L’Inde est
devenue la « pharmacie » des pays pauvres. Plus de 50% des médicaments utilisés dans les pays
en développement pour traiter les personnes vivant avec le VIH viennent d’Inde. Ils
correspondent à 80% des achats des organisations comme le Fonds Mondial de lutte contre le sida, le
paludisme et la tuberculose, dont la France est le deuxième contributeur après les Etats-Unis. « Si la
Cour Suprême rend un avis favorable à Novartis, les prix des médicaments comme les antirétroviraux
produits en Inde vont augmenter sans commune mesure. Qui ira expliquer aux malades pourquoi ils
ne peuvent plus être soignés ? » demande le docteur Camille Anoma, directeur d’Espace Confiance
en Côte d’Ivoire, l’une des 107 associations signataires.
En janvier 2005, l’Inde a dû mettre sa législation sur les brevets en conformité avec les règles
internationales sur la propriété intellectuelle. Le pays délivre désormais des brevets pour 20 ans sur
les nouveaux produits de santé, ce qui restreint considérablement la possibilité de produire des
génériques à prix abordables. Toutefois, en accord avec le droit international et dans le souci de
préserver les impératifs de santé publique, le gouvernement indien a inclus dans sa loi sur les brevets
(le Patent Act) une clause (l’article 3d) qui prévoit que ne sont brevetables que les médicaments
réellement nouveaux et innovants, ayant un réel impact sur la santé des patients. Cet article vise à
contourner une pratique courante des entreprises pharmaceutiques qui consiste à apporter des
modifications mineures à des molécules déjà existantes pour obtenir un nouveau brevet ou l’allonger
de plusieurs années. « Dans d’autres pays où Novartis a obtenu un brevet, le Glivec est vendu à
2.600$ par patient et par mois. En Inde, la version générique du Glivec est disponible à moins de
200$ par patient et par mois. Novartis tente aujourd’hui d’annuler cette décision, afin de vendre ce
médicament au même prix en Inde que dans les autres pays. » déclare le docteur Amit Sengupta,
médecin membre du People’s Health Movement qui milite pour la réalisation du droit à la santé et du
All India Peoples Science Network en Inde.
Novartis a déposé une demande de brevet en Inde pour un médicament contre le cancer, le mésylate
d’imatinib, que le laboratoire commercialise sous le nom de Glivec (Gleevec aux Etats-Unis) dans de
nombreux pays. L’Inde a rejeté cette demande en janvier 2006, car il ne s’agit en réalité que d’une
une nouvelle formulation d’un médicament déjà existant. Novartis a fait appel en 2009 et a été
débouté. En 2011 l’industriel a saisi la plus haute instance juridique indienne: la Cour suprême. De
cette décision dépend la vie de millions de malades.
Il faut d’ailleurs rappeler que Novartis avait fait face en 2007 aux Etats-Unis à la même remise en
cause de son brevet sur Gleevec, au motif que celui-ci ne représentait pas une innovation significative
par rapport à la formulation précédente. Novartis n’avait alors pas cherché à défendre d’avantage ce
nouveau brevet.
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Publié le 29/11/2012 11:25 par Francis Gionti - Sidaction - Contacter l'auteur - Signaler un problème
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