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Quels défis pour la smart city africaine ?

Premier article d’une série de trois consacrés à la smart city africaine, cet éclairage rend compte des enjeux qui justifient l’utilisation des nouvelles technologies de la ville intelligente sur le continent.

Selon un rapport de la Banque Mondiale paru en février 2017, « dès 2025, les villes africaines abriteront 187 millions d’habitants supplémentaires, soit l’équivalent de la population actuelle du Nigéria ». Pour supporter cet essor démographique, les villes du continent sont contraintes de repenser leur modèle afin d’offrir aux citoyens des infrastructures et des services publics plus adaptés, stables et respectueux de l’environnement. Dans ce contexte, le concept de ville intelligente ou « smart city » 1 apparaît comme une piste sérieuse pour répondre aux questions urgentes liées au transport, à l’énergie ou au logement, mais aussi comme une opportunité pour faire prospérer l’économie numérique et le tissu entrepreneurial local.

A travers une série de trois articles intitulée « Un modèle africain pour la smart city », nous explorons les éléments de contexte et les initiatives d’ores et déjà déployées sur le continent afin d’identifier les spécificités et les business models clé de la smart city africaine.

Ce premier article vise à expliciter les principaux enjeux auxquels doivent faire face les villes africaines et à fournir quelques exemples d’initiatives relevant de la « smart city » qui pourraient y répondre.

Les articles suivants porteront sur les aspects environnementaux à prendre en compte, ainsi que les business modelset la gouvernance à mettre en place par les différents acteurs africains pour pérenniser ce modèle sur le continent.

Surpeuplement, pauvreté, congestion, pollution, fracture énergétique… : un modèle urbain à bout de souffle

Avec 1,2 milliard d’habitants dont 472 millions d’habitants en milieu urbain, l’Afrique devrait voir la population de ses villes doubler d’ici 2025, pour atteindre 1 milliard de citadins en 20401. Ces statistiques démographiques traduisent un phénomène d’exode rural généralisé sur le continent, qui met en évidence les limites du modèle urbain actuel notamment en termes d’infrastructures (transport, électricité…) et de coût de la vie.

De fait, les villes africaines subissent une pression migratoire qu’elles ne peuvent souvent pas absorber, en grande partie du fait d’un système foncier complexe et d’un aménagement du territoire inadapté, donnant lieu à des zones urbaines de plus en plus surpeuplées, congestionnées et chères.

C’est le cas de la ville de Nairobi (Kenya), qui a vu sa population doubler en 15 ans, avec plus de 8,3 millions d’habitants en 2016 dont 2,5 millions vivant dans la précarité ou l’extrême pauvreté 2. Cette croissance de la population se fait en grande partie dans des quartiers dits « informels » (bidonvilles et autres habitats précaires, fragmentés, mal intégrés dans la ville voire illégaux), en marge du développement commercial et industriel de la métropole. En effet, en raison de la valeur foncière élevée des rares terrains urbains officiellement immatriculés (ainsi que de difficultés rencontrées dans les démarches administratives), il est quasi impossible pour les ménages d’accéder à la propriété foncière régulière ou même de louer un logement non « informel » à Nairobi 3.

De plus, selon l’ONU-Habitat, la ville disposerait d’un trop faible espace dédié aux voies de circulation, qui représentent 12% du territoire de la zone urbaine – bien en-deçà des 30% nécessaires, selon l’organisme international, à un système de circulation fluide dans une métropole de taille comparable 4. Outre l’exaspération des citoyens et la pollution atmosphérique importante engendrées par ce phénomène, c’est le dynamisme économique de la ville tout entier qui se trouve pénalisé. Cette congestion automobile chronique au sein de la capitale kenyane (qui abrite notamment les sièges de General Electric, de Google et de l’antenne africaine de l’ONU) coûterait ainsi quelques 578 000 dollars (USD) par jour en perte de productivité du fait des retards récurrents des employés dûs aux problèmes de trafic.

Embouteillages au bord de l’autoroute Thika (Nairobi) en mars 2014 lors d’une grève des matatus (minibus de transport en commun) face à l’augmentation des frais de parking. © Daily Nation

Ainsi, le manque de connectivité entre les différents quartiers et la paralysie chronique causée par l’engorgement du trafic empêchent la ville de tirer profit des avantages de la concentration urbaine (économies d’échelle, accessibilité des zones d’emploi…).

Le constat est identique dans de nombreuses grandes villes africaines (Dakar, Addis-Abbeba, Yaoundé, Niamey, Bamako, Dar es Salaam…). On estime ainsi que seuls 28% des citadins d’Afrique subsaharienne vivent hors des bidonvilles, et que parmi eux beaucoup vivent dans des structures non-permanentes ou sans titres de propriété en bonne et due forme 6. Au demeurant, les ménages africains urbains auraient des frais de logement 55% plus élevés que les ménages d’autres régions dans le monde, et des frais de transport 42 % plus élevés, notamment à cause des coûts engendrés par les véhicules et les transports publics 7.

En outre, le surpeuplement des villes s’accompagne d’une pollution de l’air préoccupante, en particulier dans les plus grandes villes. Fin 2016, l’OCDE indiquait ainsi qu’entre 1990 et 2013, le nombre total de décès annuels dus à la pollution de l’air extérieur – la pollution par les particules ambiantes, surtout causée par le transport routier, la production d’électricité ou l’industrie – avait augmenté de 36% pour atteindre environ 250 000 décès par an. Quant aux décès dus à la pollution de l’air par les ménages – causés par  l’utilisation des formes d’énergie polluantes (charbon, kérosène…) pour les usages domestiques (éclairage, cuisine…) -, ils ont augmenté de 18%, dépassant le nombre de 450 000 décès en 2016. Le cas d’Onitsha, port fluvial au Nigéria, illustre dramatiquement ce constat : gaz d’échappement des voitures, brûlage des déchets, fumées émises par les navires du port, générateurs diesel, foyers à ciel ouvert au bois, fioul ou charbon… La ville a été désignée par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) comme premier producteur de particules fines au monde en 2016. La lutte contre la pollution atmosphérique est donc une question centrale dans la croissance des villes africaines.

A ces enjeux majeurs s’ajoute le défi de l’électrification de l’Afrique subsaharienne, dont 57% des habitants n’ont pas accès à l’électricité8 et où la pratique du délestage souvent massif est devenue routinière (Afrique du Sud, Bénin, Cameroun, Côte d’Ivoire, Gambie, Madagascar, Niger, Togo… et bien d’autres). De fait, cette pratique, censée être exceptionnelle, est fréquemment utilisée par les compagnies nationales d’électricité, dont la fragilité du réseau est de plus en plus flagrante.

Les habitants de la communauté urbaine de Kribi (Cameroun), par exemple, seraient quotidiennement sujets à « des coupures intempestives d’énergie électrique et des baisses de tension inexplicables », avec des impacts importants sur les installations électriques des habitants mais aussi des entreprises9. La capitale économique du pays, Douala, est tout autant touchée par le phénomène : début 2017, des quartiers entiers de la ville avaient été privés d’électricité, parfois pendant plusieurs heures10.

Quant aux habitants des zones rurales, qui représentent tout de même 63% de la population d’Afrique subsaharienne, ils ne bénéficient souvent pas du raccordement au réseau électrique, dont l’extension serait très coûteuse pour les Etats.

L’accès aux ressources en eau reste l’enjeu le plus critique pour les villes du continent. De fait, la demande en eau devrait augmenter plus vite que la population, notamment du fait de la croissance économique et de l’émergence d’une classe moyenne dont les besoins en eau seront supérieurs aux besoins actuels dans les villes africaines. On estime ainsi que le nombre de citadins d’Afrique subsaharienne confrontés à une pénurie d’eau passera de 24 millions en 2000 à 162 millions en 2050. En outre, dans les villes où les opérateurs locaux réussissent à desservir l’ensemble de leur réseau, l’accès à l’eau potable à domicile reste souvent trop cher pour les ménages non aisés.

[…]

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