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Comment faire face à la surexploitation des eaux souterraines ?

En Égypte. Didier Gentilhomme/AFDAuthor provided

Les eaux souterraines renouvelables constituent des réservoirs alimentés par l’infiltration des eaux de pluie. Elles se distinguent des aquifères fossiles, nappes profondes (de 50 à 2 300 mètres) datant des âges géologiques et déconnectés du cycle de l’eau.

Au gré des évolutions technologiques et, bien souvent, des incitations financières des États, les prélèvements dans les eaux souterraines ont triplé dans le monde ces 50 dernières années. Ils atteignent aujourd’hui 1 000 km3 par an, soit 26 % des prélèvements totaux en eau. Dans son rapport de 2012 sur le sujet, l’ONU a qualifié ce phénomène de véritable « révolution silencieuse ».

L’agriculture est de loin le principal bénéficiaire de cette ressource dont elle utilise 67 %, suivie par l’eau domestique (22 %) et l’industrie (11 %).

IGRAC (2014)

Une dépendance croissante

Les eaux souterraines sont essentielles à la sécurisation des approvisionnements en eau dans les régions arides et constituent un facteur de résilience face au changement climatique.

Elles fournissent la moitié de l’eau potable pour la consommation humaine, et pourvoient à l’irrigation de 113 millions d’hectares sur les 300 millions irrigués dans le monde, assurant ainsi la sécurité alimentaire de 1,5 milliard de foyers ruraux dans les régions pauvres d’Asie et d’Afrique.

Mais la médaille a son revers : nombre de nappes souterraines renouvelables connaissent des problèmes de pollution et de surexploitation.

Impasses du « chacun pour soi » et du « tout État »

L’accès aux eaux souterraines est bien souvent libre ou peu régulé. Elles sont considérées comme des « biens communs » : personne ne peut en être interdit d’accès malgré les rivalités d’usage de la ressource.

À partir d’un certain seuil, le prélèvement par un usager supplémentaire fait baisser le niveau de la nappe et augmente les coûts de pompage pour tous. Si chaque usager poursuit son intérêt personnel et immédiat, il n’existe toutefois aucune incitation à mettre fin à cette « course au pompage ».

Cette situation renvoie à la « tragédie des communs » décrite par Garrett Hardin en 1968, dans laquelle des coûts sociaux (exclusion des usagers les moins équipés) s’ajoutent aux coûts économiques et à la dégradation de la ressource. Pour y mettre fin, Hardin préconise la propriété privée, les lois coercitives ou les dispositifs fiscaux.

Parmi ces solutions, la gouvernance publique des eaux souterraines privilégie classiquement une gestion par les quantités, à travers les quotas (limites sur les volumes de prélèvement) et les licences (autorisations de prélèvement), et/ou les outils économiques tels que des taxes permettant de limiter la consommation.

Mais la mise en œuvre de ces instruments se heurte à de nombreuses difficultés, dont le manque d’information sur la ressource, les usages et les usagers ; cela entraîne des coûts élevés pour l’élaboration des mesures de gestion, leur mise en application, le contrôle et les sanctions aux contrevenants.

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