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L’Italie crée un « fonds Afrique » pour lutter contre l’immigration clandestine

Dimitris Avramopoulos, le commissaire européen à la Migration et le ministre italien des Affaires étrangères Angelino Alfano le 12 janvier 2017 à Rome. © Alessandra Tarantino/AP/SIPA

Le gouvernement italien a annoncé ce mercredi la création d’un fonds de 200 millions d’euros, destiné à aider plusieurs pays d’Afrique à réduire les flux de migrants clandestins qui tentent d’atteindre la péninsule.

Prévu par la loi de finances 2017, ce fonds Afrique vise à éviter les départs, a précisé le ministre italien des Affaires étrangères Angelino Alfano, lors de la signature du décret activant le dispositif. Distinct de l’enveloppe habituellement consacrée à la coopération au développement, ce nouveau fonds est dédié à « la lutte contre le trafic d’êtres humains et l’immigration clandestine », a-t-il précisé à l’AFP.

La création de ce fonds italien intervient deux jours avant le prochain sommet informel des Chefs d’État et de gouvernement européens (sauf Royaume-Uni) qui se tiendra à La Valette, la capitale maltaise, le 3 février, où il sera notamment question d’immigration.

 

La Libye, le Niger et la Tunisie partenaires du fonds

Les trois pays les plus concernés par la mesure, la Libye, le Niger et la Tunisie, sont des points de départ ou de transit d’une grande partie des migrants qui arrivent depuis plusieurs année par milliers sur les côtes italiennes.

Les sommes versées aux États pourront être consacrées à la formation des forces de sécurité, à des équipements ou à des instruments techniques visant à renforcer les « frontières extérieures » de l’Italie. « Nous ne construisons pas de mur en Méditerranée, nous ne pourrions pas le faire et nous ne le ferons pas », a cependant insisté Angelino Alfano, faisant allusion à la politique du nouveau président américain Donald Trump en matière d’immigration.

« Nous donnons de l’argent à ces pays mais ils doivent en retour utiliser cet argent pour réduire le nombre de migrants clandestins qui arrivent chez nous », a-t-il ajouté.

« Nous leur demandons une grande loyauté, une loyauté vis-à-vis de l’Italie qui sauve des centaines de milliers de vies et qui finance le dispositif ».

 

Le Nigeria et l’Égypte bientôt dans la boucle ?

L’Italie souhaite étendre cette collaboration à d’autres pays dont le Nigeria, le Sénégal, l’Égypte ou l’Éthiopie.

Alors qu’elle a vu débarquer sur ses côtes en 2016 plus de 180 000 migrants, un nombre record, l’Italie a réaffirmé en début d’année son intention d’augmenter les rapatriements de personnes déboutées du droit d’asile et de clandestins.

Réunis à Malte les 11 et 12 novembre 2015 à La Valette, à Malte, les dirigeants européens se sont mis d’accord pour offrir une aide financière de 1,8 milliard d’euros au continent africain en contrepartie d’efforts destinés à freiner les arrivées de migrants irréguliers en Europe.

Environ un an plus tard, le mercredi 14 septembre 2016, Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, avait annoncé que l’UE allait lancer « un plan ambitieux d’investissement pour l’Afrique et son voisinage, qui a le potentiel de lever 44 milliards d’euros d’investissement ».

Une somme qui pourrait être doublée « si les États membres de l’UE y contribuent », avait alors ajouté le Luxembourgeois.

Auteur :
Jeune Afrique
Url de l'article :
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