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Un périple meurtrier pour les enfants:la route migratoire de l’Afrique du Nord à l’Europe

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Crédit photo : © UNICEF/UN052612/Romenz

Méthodologie


Afin de mieux comprendre ce que vivent les enfants et les femmes migrants l’UNICEF Libye a commandé en 2016 une enquête d’évaluation des besoins, laquelle nous a permis de mesurer l’ampleur du défi à relever.
Au total, 122 personnes ont participé à l’enquête, à savoir 82 femmes et 40 enfants (25 garçons et 15 filles âgées de 10 à 17 ans). Parmi les enfants interrogés dans le cadre de l’étude, 11 nationalités étaient représentées. Certains d’entre eux ont vu le jour en Libye, pendant le voyage migratoire de leur mère.

L’enquête a été conduite sur le terrain par un partenaire de l’UNICEF, l’Organisation internationale pour la coopération et l’aide d’urgence (International Organization for Cooperation and Emergency Aid – IOCEA), avec le soutien du Feinstein International Centre de l’université Tufts. Aux fins de cette évaluation, des entretiens avec des fonctionnaires et des organisations non gouvernementales (ONG) locales ont également été organisés.

Bien que son champ d’étude ait été réduit en raison des contraintes de sécurité et des difficultés d’accès aux prisons tenues par les milices, l’enquête a malgré tout permis de mieux comprendre la situation dramatique de ces femmes et de ces enfants pendant ce terrible voyage. Le présent numéro de SOS Enfants se fonde non seulement sur cette enquête, mais également sur l’expérience tirée des programmes menés en Afrique du Nord et avec des enfants en Italie, ainsi que sur les innombrables histoires et témoignages d’enfants et d’adolescents très vulnérables recueillis par notre personnel sur le terrain.

Principales constatations de l’enquête
1. Les trois quarts des enfants migrants interrogés ont déclaré avoir été victimes de violences, de harcèlement, ou d’agressions de la part d’adultes.

2. Près de la moitié des femmes interrogées ont déclaré avoir subi des violences sexuelles ou des mauvais traitements pendant le voyage.

3. La plupart des enfants et des femmes ont indiqué avoir dû s’en remettre à des passeurs qui leur réclamaient des sommes au fur et à mesure du voyage, augmentant ainsi leur dette et les rendant encore plus vulnérables aux mauvais traitements, aux enlèvements et à la traite.

4. La plupart des enfants ont fait part de violences verbales ou émotionnelles et la moitié d’entre eux ont été victimes de coups ou d’autres types de maltraitance physique. Les filles ont plus souvent indiqué être victimes de sévices que les garçons.

5. Plusieurs enfants ont également indiqué ne pas avoir eu accès à une nourriture suffisante pendant leur périple vers la Libye.

6. Les femmes retenues dans des centres de détention en Libye occidentale que l’UNICEF a pu rencontrer ont fait part de conditions de vie très rudes : mauvaises alimentation et hygiène, surpopulation, manque d’accès aux soins de santé et à une assistance juridique.

7. La plupart des enfants et des femmes ont dit s’attendre à devoir travailler pendant de longues périodes en Libye afin de pouvoir payer la suite de leur périple (soit pour retourner dans leur pays soit pour continuer vers leur destination en Europe).

8. Si la plupart des femmes mariées (environ les trois quarts des femmes interrogées) ont quitté leur pays avec au moins un enfant, elles ont dû en laisser d’autres derrière elles.

Témoignages

Will, 8 ans
« On voulait aller en Italie. On était sur un bateau. Au bout d’un moment, le bateau a commencé à prendre l’eau, puis il a coulé. Un garçon a survécu et je me suis accroché à lui pendant de longues heures. Il m’a
sauvé. Mais mon père et ma mère sont morts tous les deux. Je ne les ai jamais revus. »
Will, non accompagné, originaire du Nigéria.

Jon*, 14 ans
« Au Nigéria, il y a Boko Haram, la mort est partout. Je ne voulais pas mourir. J’avais peur. Mon voyage entre le Nigéria et la Libye a été horrible et dangereux. C’est grâce à Dieu si j’ai survécu dans le désert sans eau, sans nourriture, sans rien. Le gars assis à côté de moi pendant le voyage, lui, n’a pas eu cette chance. Quand quelqu’un meurt dans le désert, on jette son corps et on le laisse là où il est. C’est tout. Cela fait sept mois que je suis ici (dans le centre de détention). On nous traite comme du bétail. On nous frappe, on ne nous donne ni nourriture correcte, ni eau de bonne qualité. On nous harcèle. Il y a tant de personnes qui meurent ici, de maladie, de froid. »

Victor, 5 ans
Victor a été retrouvé en mer Méditerranée sans sa mère, en même temps qu’un autre garçon nommé Emmanuel. Il a ensuite été placé dans un centre de détention à Surman pendant près de deux mois. Un jour, alors qu’il était en train de jouer entre les bâtiments du centre, une femme migrante a été amenée par les autorités. Lorsqu’elle a aperçu Victor, elle s’est mise à hurler « Mon fils, mon fils ! », a couru vers lui et l’a serré dans ses bras. Tous ceux qui regardaient la scène pleuraient aussi, certains de joie pour Victor et sa mère, et d’autres, de tristesse en pensant à leurs proches disparus.
Víctor est originaire du Nigéria.

Communiqué de presse

NEW YORK/GENÈVE, le 28 février 2017 – Les enfants et les femmes migrants et réfugiés sont régulièrement victimes de violence sexuelle, d’exploitation, de mauvais traitements et de détentions tout au long de la route migratoire de la Méditerranée centrale entre l’Afrique du Nord et l’Italie, avertit l’UNICEF dans un nouveau rapport.

Un périple meurtrier pour les enfants : sur la route de la Méditerranée centrale offre une analyse détaillée des risques extrêmes auxquels font face les enfants réfugiés et migrants lors de leur périlleux voyage de l’Afrique subsaharienne à travers la Libye, pour rejoindre l’Italie par la mer. Les trois quarts des enfants réfugiés et migrants interrogés dans le cadre d’une enquête ont déclaré avoir subi des violences, harcèlements ou agressions de la part d’adultes à un moment de leur périple et près de la moitié des femmes et des enfants interrogés ont affirmé avoir été victimes d’abus sexuels au cours de leur migration, souvent à plusieurs reprises et à différents endroits.

L’an dernier, au moins 4 579 personnes ont perdu la vie en essayant de franchir la Méditerranée depuis la Libye, soit un décès pour 40 tentatives de traversée. On estime que les enfants comptent pour au moins 700 de ces morts.

« La Méditerranée centrale entre l’Afrique du Nord et l’Europe compte parmi les routes migratoires les plus mortelles et dangereuses pour les enfants et les femmes », explique Afshan Khan, Directrice régionale de l’UNICEF et coordonnatrice spéciale pour la crise des réfugiés et migrants en Europe. « Cette route est en grande partie sous le contrôle de passeurs, de trafiquants et d’autres personnes qui cherchent à s’en prendre à des enfants et des femmes désespérés simplement en quête d’asile ou d’une vie meilleure. Nous avons besoin de voies de migration sécurisées et légales et de moyens de sauvegarde des enfants migrants pour les protéger et éloigner les prédateurs. »

Les données récentes de l’enquête menée auprès de femmes et d’enfants migrants en Libye à la fin de l’année 2016 montrent le niveau effroyable des abus commis tout le long de cette route migratoire. Au moment de l’enquête, 256 000 migrants étaient enregistrés en Libye, dont 30 803 femmes et 23 102 enfants, non accompagnés pour un tiers d’entre eux. On estime toutefois que les chiffres réels sont au moins trois fois plus élevés.

La plupart des enfants et des femmes ont indiqué avoir payé des passeurs au début de leur voyage ; s’étant engagés à financer leur voyage au fur et à mesure, nombre d’entre eux se sont endettés et retrouvés vulnérables face aux abus, aux enlèvements et au trafic.

Les femmes et les enfants ont également dénoncé les conditions difficiles et la surpopulation, notamment le manque de nourriture et d’abris adaptés, des centres de détention libyens dirigés par le gouvernement comme par les milices armées.

« Les enfants ne devraient pas être contraints de placer leur vie dans les mains de passeurs, faute d’alternative », affirme A. Khan. « Nous devons trouver une réponse mondiale aux facteurs de migration et travailler ensemble pour instaurer un système solide permettant un passage sûr et légal pour les enfants en déplacement, qu’ils soient réfugiés ou migrants. »

L’UNICEF a mis au point un plan d’action en six points en faveur des enfants déracinés :

1. Protéger les enfants réfugiés et migrants, notamment les enfants non accompagnés, face à l’exploitation et la violence ;
2. Mettre fin à la détention des enfants demandant le statut de réfugié ou migrants en introduisant un ensemble de pratiques alternatives ;
3. Ne pas séparer les familles, le meilleur moyen pour protéger les enfants et leur donner un statut juridique ;
4. Poursuivre l’éducation de tous les enfants réfugiés et migrants et leur donner accès à des services de santé et à d’autres services de qualité ;
5. Exiger des mesures de lutte contre les causes profondes des mouvements à grande échelle de réfugiés et de migrants ;
6. Promouvoir des mesures de lutte contre la xénophobie, la discrimination et la marginalisation dans les pays de transit et de destination.

L’UNICEF exhorte les gouvernements et l’Union européenne à soutenir et à adopter ce plan d’action.

Depuis le début des interventions, à la fin de 2015, l’UNICEF n’a eu de cesse de répondre aux besoins des enfants en déplacement, bloqués, ou qui demandent l’asile en Europe. Cela inclut notamment la fourniture d’un grand nombre de services à 182 500 enfants réfugiés et migrants. L’UNICEF étend également son programme méditerranéen en Grèce et en Italie pour soutenir les gouvernements dans l’amélioration des services de réunification et de protection de l’enfance.

Malgré les obstacles opérationnels en Libye, l’UNICEF et ses partenaires poursuivent leurs efforts pour répondre aux besoins humanitaires et de protection des enfants les plus vulnérables du pays, y compris les enfants réfugiés et migrants, au travers des municipalités, avec lesquelles l’UNICEF a signé des protocoles de coopération en avril 2015.


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Auteur :
Unicef
Url de l'article :
https://www.unicef.fr/contenu/espace-medias/un-periple-meurtrier-pour-les-enfants-la-route-migratoire-de-l-afrique-du-nord-l-europe
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