[googlemaps https://www.google.com/maps/embed?pb=!1m18!1m12!1m3!1d2620.2104919260814!2d1.929988615238495!3d48.94947770224358!2m3!1f0!2f0!3f0!3m2!1i1024!2i768!4f13.1!3m3!1m2!1s0x47e68dfc09fb1095%3A0x69abf0b5bb0cb8a8!2s15+Rue+des+Fontenelles%2C+78920+Ecquevilly!5e0!3m2!1sfr!2sfr!4v1468859643219&w=600&h=450]
Home / news / World Vision hérisse les groupes d’aide avec son opération en solo à la frontière jordanienne

World Vision hérisse les groupes d’aide avec son opération en solo à la frontière jordanienne

A system of barriers for security screening dominates an aid distribution point at the berm between Jordan and Syria
les Nations unies ont établi une zone de services au sud de la berme permettant des distributions plus sûres. Photo : PAM, novembre 2016

Quelque 70 000 Syriens sont pris au piège dans une zone démilitarisée à la frontière syro-jordanienne, avec une aide très limitée et soumise à des restrictions strictes. IRIN est en mesure de révéler que tandis que les Nations unies assurent la fourniture d’aide au moyen d’une grue ou par l’intermédiaire de sous-traitants, l’ONG américaine World Vision privilégie une approche controversée : elle a recours à une milice syrienne « modérée » qui l’aide à faire entrer des denrées.

Les agences d’aide humanitaire ont tenté de nombreuses solutions de contournement pour acheminer de l’aide dans cette zone appelée la « berme » depuis que la Jordanie l’a bouclée à la suite d’une attaque du prétendu État islamique en juin. De faibles quantités de nourriture ont été distribuées à plus de 46 000 personnes, et un approvisionnement minimum en eau a été maintenu grâce aux efforts des Nations unies. Un centre de services a en outre été construit en territoire jordanien pour la fourniture de soins médicaux.

L’ensemble des acteurs tentant de venir en aide à ces Syriens pris au piège s’attachent du mieux qu’ils peuvent à respecter les principes humanitaires d’impartialité et d’indépendance. Interdites d’accès à la berme, les Nations unies ont engagé des sous-traitants approuvés par les forces armées jordaniennes – elles-mêmes interdites d’accès – pour assurer la distribution de l’aide et autres missions connexes à l’intérieur du no man’s land, conformément à un plan dont IRIN s’est fait l’écho en exclusivité en octobre.

World Vision, en revanche, a choisi de s’offrir les services d’un sous-traitant logistique affilié à une milice dirigée par l’homme d’affaires syrien Rakan Khdeir et soutenue par la Jordanie. La milice de M. Khdeir lui fournit une protection armée. Bien que cette approche ait ses détracteurs, l’ONG affirme qu’elle est efficace et permet d’acheminer l’aide là où elle fait défaut.

D’après une source digne de foi, l’un des sous-traitants des Nations unies, la First Technical Support Company (FTSC), fait en réalité appel à la même milice pour garantir la sécurité de ses propres distributions alimentaires.

Mageed Yahia, le directeur pays du Programme alimentaire mondial (PAM) en Jordanie, a dit à IRIN que les arrangements sécuritaires de leur sous-traitant relevaient de sa responsabilité, pas de celle du PAM.

« Ils sont censés assurer leur propre sécurité. Nous leur avons dit que nous n’étions pas en mesure de le faire… ça ne fait pas partie de nos obligations », a-t-il dit à IRIN. « C’est ce que nous sommes autorisés à faire par le gouvernement : les distributions ne peuvent se faire qu’à l’intérieur du no man’s land, et uniquement pas l’intermédiaire d’un sous-traitant. »

Également contactés par IRIN dans le cadre du présent reportage, le HCR, UNICEF et OCHA ont refusé d’entrer dans le détail des ententes contractuelles en vigueur dans la zone de berme.

Une zone de non-droit

Samedi, une voiture piégée a explosé à Rukban – l’un des deux principaux camps de la berme – faisant au moins six morts et plus de 14 blessés. Il s’agit du quatrième attentat frappant la zone démilitarisée ces sept derniers mois. Cette tragédie a permis de rappeler que des dizaines de milliers de civils sont pris au piège dans une zone qui a été infiltrée par l’EI à diverses reprises – une zone de non-droit à laquelle la plupart des agences d’aide humanitaire n’ont pas accès.

Les Syriens voient le côté jordanien comme un modèle de stabilité : « J’ai peur lorsque je me rends seule à la berme syrienne », a dit Asmaa, une mère de quatre enfants vivant à Rukban (elle a demandé à IRIN de taire sa vraie identité par peur pour sa sécurité). « La berme jordanienne me paraît plus sûre, car elle est organisée et il y a des gardes. Là-bas, des gens restent éveillés toute la nuit pour la protéger et protéger les populations à l’intérieur. »

[…]

Cet article vous intéresse ? Pour en voir la suite cliquez ici ou copiez collez le lien situé en fin d’article

Enregistrer

Auteur :
Sara Elizabeth Williams et IRIN NEWS
Url de l'article :
http://www.irinnews.org/fr/investigations/2017/01/24/exclusivit-world-vision-hrisse-les-groupes-daide-avec-son-opration-en
Share
Top